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01 Fév

Commémoration de la libération d’Auschwitz

Dimanche 29 janvier, j'ai participé à la cérémonie de commémoration du 67ème Anniversaire de la Libération du Camp d'Auschwitz. Voici le discours que j'ai prononcé à cette occasion.

Dans les années 20, en prison, Hitler rédige « Mein Kampf ». Bien peu lisent attentivement ce projet politique ultranationaliste, raciste et antisémite. Et parmi ceux qui parcourent ce triste et horrible document, très peu imaginent qu'il sera mis à exécution. Cela paraît trop inimaginable dans un pays civilisé et riche d'une culture admirée.

Après des élections favorables pour le parti Nazi, Hitler est nommé Chancelier d'Allemagne le 30 janvier 1933. Le 23 mars, le parlement allemand lui vote les pleins pouvoirs. Rien ne s'oppose dès lors à l'application méthodique de l'idéologie folle et inhumaine décrite dans « Mein Kampf ».

Le camp de Dachau est ouvert dès mars 1933, puis ce seront Buchenwald, Ravensbrück, Mauthausen et tant d'autres camps encore.

Le 1er septembre 1939, c'est l'invasion de la Pologne et le 27 avril 1940, le Reichführer-SS Himmler décide d'établir un camp de concentration dans la ville d'Oswiecim, rebaptisée Auschwitz. Après la conférence de Wannsee, l'extermination de tous les Juifs de l'Europe occupée est organisée scientifiquement et après quelques expériences, notamment dans des camions, des chambres à gaz utilisant le gaz Zyklon B sont méthodiquement installées à Auschwitz II-Birkenau, Belzec, Sobibor, Treblinka et plusieurs autres camps.

En octobre 1943, à Poznań, devant des officiers supérieurs SS, Himmler déclare : « Je voudrais aussi vous parler très franchement d'un sujet extrêmement important. Je voudrais parler de l'évacuation des Juifs, de l'extermination du peuple juif... C'est une page de notre histoire qui n'a jamais été écrite et ne le sera jamais. Je vous demande avec insistance d'écouter simplement ce que je dis ici en petit comité et de ne jamais en parler. La question suivante nous a été posée : « Que fait-on des femmes et des enfants ? ». Je me suis décidé et j'ai là aussi trouvé une solution évidente. Je ne me sentais en effet pas le droit d'exterminer les hommes –dites, si vous voulez, de les tuer ou de les faire tuer– et de laisser grandir les enfants qui se vengeraient sur nos enfants et nos descendants. Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la terre ».

Dans la même période, des fusillades de masse des Juifs de l'Est ont été réalisées par les unités mobiles de tuerie qui, entre 1941 et 1945, ont exécuté 1,5 à 1, 8 millions de Juifs, hommes, femmes et enfants.

Puis vient le temps des déboires militaires pour l'Allemagne nazie et le désir d'effacer les traces de l'extermination. Himmler donne l'ordre d'effacer tout ce qui peut rappeler les exécutions par les Einsatzgrupper à l'Est. Des centaines de prisonniers juifs sont contraints de déterrer les corps des fosses communes, de tenter de les faire disparaître puis ils sont systématiquement exécutés immédiatement après.

En plus des fosses, les camps d'extermination de « l'opération Reinhart » sont rasés dès qu'ils cessent de fonctionner : Belzec est détruit en mars 1943, Treblinka et Sobibor en novembre 1943. Le crématoire IV d'Auschwitz II-Birkenau est démonté après la révolte du 7 octobre 1944 et les structures d'extermination restantes de ce camp sont dynamitées par les nazis en janvier 1945, à l'approche de l'armée soviétique.

C'est en ce même mois de janvier 1945 que les soldats de l'Armée Rouge parviennent au camp d'Auschwitz. Ils connaissent les fusillades massives des Juifs de l'Est. Ils ont entendu des récits sur les camps de concentration et d'extermination. Certains parmi eux doutent de ces récits, ne les croyant pas totalement possibles, les imaginant très exagérés. Même en temps de guerre, des informations sont transmises aux Alliés, venant de l'Allemagne et des pays occupés. Mais comment les authentifier ? Est-ce que la Résistance intérieure dans ces pays n'amplifie pas un peu les horreurs commises ?

Et bien non, de fait, ce que les soldats soviétiques découvrent à Auschwitz dépasse largement tout ce qu'ils avaient entendu, tout ce qu'ils avaient pu redouter.

Quelle vision d'horreur !

  • 600 cadavres de prisonniers exécutés à la hâte.
  • Des milliers de malades décharnés, hagards, n'ayant plus que la peau sur les os, privés de leur humanité, gisant au fond des baraquements dans un état de total délabrement.
  • Enfin, et malgré les efforts des Nazis d'effacer les traces, la révélation du carnage. Dans le seul camp d'Auschwitz-Birkenau, près d'un million de Juifs issus de toute l'Europe ont été exterminés.

Au total, les Nazis et leurs complices ont assassinés près de 6 millions de Juifs en 5 ans, au nom de l'idéologie inhumaine de ce parti nationaliste, haineux et antisémite. Parmi ces 6 millions de Juifs, on compte 1,5 million d'enfants. A ce génocide, il faut aussi ajouter les crimes contre les Tsiganes, les Slaves, les homosexuels, les malades mentaux, les handicapés et les mendiants.

Aujourd'hui, alors que les images horribles et inhumaines de ces années terribles ont pris une couleur sépia, la mémoire reste vive, très vive. Comment, dès lors, comprendre que perdurent des mouvements extrémistes qui cultivent le négationnisme et la nostalgie du nazisme, de la collaboration, de l'Etat français du Maréchal Pétain ? On ne peut pas le comprendre et encore moins l'excuser. La loi doit s'appliquer sans aucune faiblesse pour condamner les propos négationnistes, les saluts nazis, les insultes à la mémoire.

Notre vigilance doit prévenir ou réprimer les manifestations d'intolérance extrême, de racisme, d'antisémitisme et même plus généralement de xénophobie et de haine. Nous le devons au respect des valeurs humaines et humanistes ! Nous le devons au respect de la mémoire de ceux qui ont souffert et sont morts dans les camps de concentration et d'extermination !

Dernière modification le mercredi, 12 décembre 2012 16:41