Jean-Louis Touraine

14 Sep

La hausse du forfait hospitalier, nouvelle réduction de la qualité de notre système de santé

Le « Journal du Dimanche » a publié, dans son édition du 6 septembre 2009, une information selon laquelle le gouvernement songe à de nouvelles mesures pour diminuer le « trou de la Sécurité Sociale » : hausse du forfait hospitalier, nouveaux déremboursements de certains médicaments... Autant de mesures qui risquent de ne pas atteindre leur objectif mais de peser sur le budget de nos concitoyens. La hausse du forfait hospitalier, qui semble être la piste la plus sérieusement suivie par le gouvernement, est inacceptable.

Le forfait hospitalier est la somme que chacun doit verser lorsqu'il séjourne plus de vingt-quatre heures dans un établissement de santé afin de contribuer aux frais d'hébergement. Ainsi, un patient qui séjourne dans un hôpital ou une clinique doit s'acquitter quotidiennement de la somme de seize euros et un patient d'un service psychiatrique doit lui verser la somme de douze euros. Ce n'est pas la première fois que le tarif de ce forfait augmente. Il avait été crée en 1983 et s'élevait à vingt francs soit environ trois euros. Il fut graduellement augmenté. Pendant la période du gouvernement Jospin de 1997 à 2002, il était resté fixé à 10,67 euros. Mais en 2007, il atteignait déjà 16 euros. Désormais il est en passe d'être fixé à 20 euros. Cela signifie qu'il pourrait doubler sur une période de sept ans.

Le gouvernement souhaite réduire « le trou de la Sécu » grâce à cette mesure, ne se trompe-t-il pas de stratégie ? Premièrement, l'augmentation du tarif du forfait hospitalier conduit mécaniquement à augmenter les frais de santé de chacun. Or, de nombreux Français sacrifient déjà leur santé. Plus de 40% avouent avoir déjà renoncé à des soins ou les avoir repoussés à des jours où ils pourraient se le « permettre ». Il n'est pas normal, que seuls les plus fortunés puissent être soignés dans les meilleures conditions. Cette façon de financer la branche maladie de la Sécurité Sociale est contraire à son esprit de solidarité. Le prix à payer n'est pas celui de notre santé. Deuxièmement, il existe d'autres options pour redresser les déficits de la politique de la Santé. L'étiolement de la solidarité n'est pas la solution. Que ce soit au niveau fiscal ou structurel, nous pouvons défendre d'autres choix. Parmi lesquels, la remise en cause du « paquet fiscal », l'élargissement de l'assiette fiscale des cotisations sociales, le développement des soins préventifs, la systématisation de la rémunération forfaitaire des médecins ou encore la lutte contre les dépassements d'honoraires.

La loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2010 sera débattue bientôt. Pour vous et aux côtés de mes collègues du groupe socialiste, je serai mobilisé. En tant que médecin, j'ai fait de la santé mon métier et en tant que député, je défends les valeurs humanistes et solidaires. Ce projet heurte donc toutes mes convictions.

 

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