Logo
Imprimer cette page
29 Jui

L’emprunt national : le vaste coup de bluff de Nicolas Sarkozy

Les Français ont besoin d'actions fortes en ces temps de crise. Afin que les plus démunis ne soient pas les premières victimes de la récession économique, c'est notre devoir, en tant que parlementaires, de réfléchir à des mesures efficaces, porteuses de progrès social. Mais ne nous trompons pas, si la technique de l'emprunt national paraît séduisante, sa mise en œuvre s'avère problématique.

Des apparences trompeuses

L'emprunt est un sport national chez les gouvernants de droite. 1952, emprunt Pinay. 1973, emprunt Giscard. 1993, emprunt Balladur. 2010... emprunt Sarkozy. Politiquement, l'emprunt national fait figure de pain béni. Il permet de montrer un volontarisme étatique sans prendre le risque de recourir à une augmentation d'impôts, il appuie sur la corde sensible du patriotisme des Français tout en esquivant les recommandations de la Cour des Comptes selon lesquelles « si la maîtrise des dépenses s'avérait insuffisante, une hausse des prélèvements obligatoires serait inévitable ».

Les deux problèmes fondamentaux d'un emprunt national

  1. Un emprunt coûte très cher. Il rapporte beaucoup sur le moment, mais la note finale est souvent extrêmement salée, les économistes sont unanimes. Voyez l'emprunt Giscard en 1973 : il a rapporté 6,5 milliards de Francs à l'Etat et lui en a coûté 76,7 milliards ! Et qui paye ces taux d'intérêt ? L'impôt, collecté auprès des ménages... Evidemment, les Français qui n'épargnent pas ou très peu seront encore une fois en première ligne lorsqu'il s'agira de régler l'addition finale. Creuser encore le déficit des caisses de l'Etat sans protéger les petits contribuables, telle est la véritable essence du projet de Nicolas Sarkozy.
  2. Il faut remettre l'emprunt national dans le contexte des politiques fiscales du Gouvernement pour bien comprendre en quoi cette mesure n'a rien de populaire. Tout comme le paquet fiscal qui bénéficiait aux ménages les plus riches, l'emprunt national avantage une fois de plus les privilégiés : ils seront les principaux souscripteurs à l'emprunt, toucheront un remboursement avec des intérêts élevés, et ne verront pas leurs impôts entamés...

Ne tombons pas dans ce piège. C'est sûr, cette grande opération médiatique pourrait bénéficier au Président et à sa majorité. Mais un emprunt national doit-il être destiné uniquement à redorer l'image du gouvernement ? Que la droite retourne sa veste en essayant d'adopter des politiques aux allures keynésiennes est une chose. En revanche, que les comptes de l'Etat et le portefeuille des contribuables pâtissent des coups de bluff politicien du Président en est une autre.