Jean-Louis Touraine

30 Nov

Rencontres parlementaires sur l'hépatite C

Je participe aujourd'hui au colloque parlementaire sur l'hépatite C et et souhaiterais profiter de cette occasion pour vous parler de cette maladie, encore trop méconnue.

L'hépatite C touche 170 millions de personnes à travers le monde. Les symptômes de l'infection étant souvent silencieux, seule une partie des malades se fait soigner. En France, 237 000 individus sont atteints et on déplore entre 2700 et 4400 nouveaux cas chaque année. Cette infection peut dégénérer en complications graves, souvent chroniques (cirrhose, carcinome hépatocellulaire...), parfois mortelles. 2600 décès sont enregistrés tous les ans. Les données épidémiologiques recensées par l'Institut de veille sanitaire (IVS) sur la période 2000-2009 révèlent que ce sont les hommes les plus touchés (61,2%) et que les personnes diagnostiquées positives sont de plus en plus « âgées » avec un âge médian passant de 41 à 45 ans chez les hommes et de 49 à 52 ans chez les femmes.

La plupart du temps, l'hépatite est due à une inflammation des cellules du foie souvent causée par des virus mais elle peut également être provoquée par une consommation excessive d'alcool, certains médicaments, une obésité ou un trouble du système de défense de l'organisme. La transmission par voie transfusionnelle a été la plus répandue avant l'introduction du dépistage systématique des dons du sang en 1991 dans les pays développés. L'utilisation de drogues par voie intraveineuse est actuellement le mode le plus fréquent de contamination par le virus de l'hépatite C (VHC). Dans notre pays, l'infection par le VHC est la cause la plus fréquente des hépatites chroniques virales. Si des vaccins existent pour les hépatites A et B, aucun n'a encore été mis au point pour se protéger contre l'hépatite C. Il existe par ailleurs des cofacteurs d'aggravation de l'hépatite C, en particulier, la consommation d'alcool et la coinfection avec le VIH

Grâce au traitement antiviral actuel qui combine deux médicaments - l'interféron et la ribavirine – également appelé « bithérapie » ou « thérapie combinée », il est possible de guérir dans environ 4 cas sur 5 pour le virus de génotype 2, 3 ou 5 et dans presque 1 cas sur 2 pour les génotypes 1 ou 4.

Les dispositifs de prise en charge sont gérés dans chaque région qui dispose, chacune, d'au moins un pôle de référence hépatite C. Ces pôles ont pour mission d'élaborer les protocoles diagnostiques et thérapeutiques, de coordonner la recherche clinique et de participer à l'élaboration des orientations régionales, à la surveillance épidémiologique, à la formation des professionnels.

Aujourd'hui, grâce à la recherche, deux molécules ont été découvertes qui permettront d'accroître très significativement le taux de guérison de l'infection par le VHC. Les deux nouveaux médicaments – le boceprevir et le telaprevir – destinés aux malades de génotype 1 (50% des personnes infectées) seront mis sur le marché avant la fin de l'année. Associés au traitement actuel, le taux de guérison pourra être porté de 45% à 70%. Les 1 500 personnes gravement atteintes pourront en bénéficier grâce à une autorisation temporaire d'utilisation avant la date de lancement. L'afflux des malades dans les centres de référence devrait donc augmenter dès 2012. Il s'agit dès maintenant d'organiser le système de soins en conséquence afin de traiter les personnes les plus atteintes dans les meilleurs délais. Cette découverte médicale devra inéluctablement s'accompagner de nouvelles mesures sanitaires pour faire face à l'arrivée de patients de plus en plus nombreux. Comment améliorer le système de dépistage ? Quelle éducation thérapeutique pour les patients ? Quels rôles pour les associations ? Quel accompagnement et prise en charge de l'assurance maladie ?

 

bt-fil-blancbt facebookbt dailymotionbt flickrbt feedbt-fil-blanc

2013 © Jean-Louis Touraine. Tous droits réservés.