Jean-Louis Touraine

13 Déc

Les étudiants étrangers, nouvelle cible du Ministre de l'intérieur

Parce que ma circonscription a la caractéristique d'accueillir deux universités, l'Institut d'Etudes Politiques, divers établissements d'enseignement supérieur et qu'un nombre important d'étudiants résident dans ces arrondissements, j'ai été interpellé à ma permanence parlementaire sur les difficultés que rencontrent depuis la rentrée les diplômés étrangers.

Sur fond de polémique et de politique populiste, ces derniers sont devenus la nouvelle cible du Ministre de l'intérieur, Claude Guéant.

Une circulaire publiée le 31 mai 2011 et adressée à tous les préfets, exige une « rigueur accrue » dans l'examen des demandes de titres de séjours d'étudiants étrangers. En d'autres termes, l'octroi d'un permis de travail pour les jeunes diplômés étrangers est devenu quasi impossible, y compris pour ceux qui détiennent déjà des promesses d'embauche.

Des étudiants hautement qualifiés, formés sur les bancs de nos universités, et très souvent recrutés par de grandes entreprises, à qui l'on devrait signifier leur obligation de quitter le territoire français à l'issue de leurs études.

Dans une même logique, tout aussi consternante, un décret du 6 septembre dernier a augmenté de 30% le niveau de ressources exigé des étudiants étrangers pour la délivrance d'une carte de séjour.

Il s'agit tout simplement de dissuader nombres d'étudiants de part le monde, de venir faire une partie de leurs études en France.

Déjà depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la traque menée contre les sans-papiers et leur famille, puis l'instrumentalisation de la situation des Roms, avaient déjà fortement affaiblit la tradition d'accueil de la France et son image du pays des droits de l'Homme à travers le monde.

Une fois encore, comme on le constate cette semaine à la lecture des titres de la presse étrangère, la politique et les annonces du Ministre de l'intérieur nuisent considérablement au crédit de la France à travers le monde et à son rayonnement économique et culturel.

A l'heure de la mondialisation des échanges et du savoir, du succès des programmes d'échanges comme Erasmus, et alors que nos entreprises ont conscience du facteur de compétitivité et de croissance que constitue l'ouverture à l'international, ce gouvernement fait une nouvelle fois le choix du repli sur soi en privant notre pays des atouts et des talents de la jeunesse.

 

bt-fil-blancbt facebookbt dailymotionbt flickrbt feedbt-fil-blanc

2013 © Jean-Louis Touraine. Tous droits réservés.